La Corniche d'Alexandrie fut tracée vers 1905 et elle est une des merveilles de la ville surtout à la suite de son réaménagement. Elle s'étend depuis le Port-Est à l'ouest et jusqu'au Montaza à l'est. Elle est bordée de nombreux monuments.
Il y a les très beaux bâtiments des consulats de France et d'Italie, de nombreux hôtels et de multiples restaurants. Il y a encore de très belles mosquées.
A travers les dernières années, la physionomie d’Alexandrie a souvent changé: disparition de ses monuments anciens, de ses obélisques, de ses statues. Voici les péripéties d’une statue ancienne d’Alexandrie, celle d’Ismaïl pacha.
La statue d’Ismaïl pacha a été élevée sur un très haut socle pyramidal place Safeya Zaghloul à Alexandrie, près du site du théâtre gréco-romain. Jusqu’en 1952, elle se trouvait sur le piédestal situé au centre de l’actuel monument du Soldat inconnu sur la corniche.
Ce monument avait été construit en 1938 par la colonie italienne d’Alexandrie en l’honneur du Khédive Ismaïl en reconnaissance des excellentes relations que le Khédive avait entretenues avec le roi Victor-Emmanuel II (1820-1878)
Avant d’être au pouvoir en Egypte en 1863 Ismaïl pacha avait fait ses études en Italie. Ce fut alors que ses relations avaient commencé avec le roi Victor-Emmanuel II de Sardaigne (1849), puis roi d’Italie (1861). Ces excellentes relations ont duré pendant toute la vie de ces deux souverains.
Il semble que le roi Victor-Emmanuel II avait été invité en Egypte pour l’inauguration du Canal de Suez en 1869. Mais les listes des personnalités invitées à cette inauguration ne semblent pas mentionner le nom du roi d’Italie.
Les excellentes relations entre Ismaïl pacha et Victor-Emmanuel II furent à l’origine de la construction par les Italiens en 1938 du monument en l’honneur d’Ismaïl pacha et de l’érection de la statue de ce dernier.
Il faut signaler que le roi d’Italie Victor-Emmanuel III, devenu souverain de ce pays en 1900, visita Alexandrie dans les années 30. Il inaugura alors à Chatby l’asile italien des vieillards qui porte son nom.
Au mois de mars 1945, à l’occasion du cinquantenaire du décès du Khédive Ismaïl, mort à Constantinople en 1895, des festivités, dont des parades militaires, se déroulèrent devant le monument du Khédive Ismaïl qui avait été illuminé à cette occasion. Au sommet du piédestal, au centre des colonnades, se dressait la statue du Khédive. Elle fut déboulonnée en 1952 et le piédestal resta vide avec une inscription en l’honneur du Soldat inconnu. Cette statue fut déposée dans la cour du Musée des Beaux-Arts d’Alexandrie où elle resta jusqu’au début de l’année 1998 avant d’être érigée sur la place de Safeya Zaghloul.
Pendant des siècles, les “Aiguilles de Cléopâtre” se dressèrent fièrement dans le ciel d’Alexandrie. L’une de ces Aiguilles resta debout jusqu’à son départ pour l’Occident tandis que l’autre gisait sur le sable de la grève du Port-Est jusqu’en 1877 quand elle fut embarquée à son tour.
En 1820, Mohamed Ali avait donné un de ces deux obélisques à l’Angleterre, mais il resta sur place pendant longtemps. En 1877, l’ingénieur anglais John Dixon prit la direction des opérations pour l’expédier en Angleterre, tandis que des Américains se chargeaient de l’autre. Ainsi, depuis 1877, les deux “Aiguilles de Cléopâtre “ se trouvent à Londres et à New York.
Ces deux obélisques portaient les cartouches de Thoutmôsis III de la XVIIIème dynastie, de Ramsès II de la XIXème et de Séthi 1er également de la XIXème dynastie. Ces deux obélisques, en provenance d’Héliopolis, avaient été dressés par la reine Cléopâtre devant le Cesareum, un temple qui s’appelait encore Sebasteum. L’historien romain Pline nota, lors de son passage à Alexandrie, que ces deux obélisques se trouvaient devant le temple de César et ils mesuraient 42 coudées de hauteur, en fait 21 mètres.
Ce temple du Cesareum fut achevé sous le règne de l’empereur romain Tibère. Il était tellement grand et haut que les navigateurs venant vers Alexandrie l’apercevaient de très loin.
Au IVème siècle, ce temple fut transformé en cathédrale chrétienne mais il fut brûlé et détruit par l’empereur romain Julien l’Apostat en 362, mais les deux obélisques restèrent sur place.
Le 3 juillet 1868, lors d’une séance de l’Institut égyptien à Alexandrie, son président, Paolo Collucci, avait suggéré d’encadrer la future statue équestre de Mohamed Ali sur la place des Consuls par les deux obélisques appelés “Aiguilles de Cléopâtre”, mais ces deux obélisques avaient été donnés à l’Angleterre et aux Etats-Unis. Alors naquit cette idée des quatre lions qui furent commandés au sculpteur français Jacquemart.
Il y a plus cent ans, la vieille tour romaine existait encore à Alexandrie, dressant ses ruines sur le rivage du grand port de l'est. En effet à cette époque la gare de Ramleh avait été encadrée, lors de sa création, par les fameuses aiguilles de Cléopâtre (qui étaient disparues en 1893) et la tour romaine.
Certains pensent que cette tour faisait partie des anciennes fortifications de la ville, déplorant aussi, par goût du pittoresque, sa disparition malheureuse, elle qui était assiégée par les flots et dont les flancs éventrés servaient à maints usages populaires. Depuis longtemps, cette tour n'existe plus, ayant cédé la place à la Corniche.
Cette tour se trouvait pratiquement à l'emplacement de l'actuel consulat d'Italie. Selon Radames Lackany, ancien secrétaire général du Centre d'études d'Alexandrie, cette tour sans grande valeur archéologique suscita de violentes controverses entre 1900 et 1905 quand il fut question de la démolir. A cette époque, la tour était en ruines. Malgré de vives oppositions, la tour fut détruite.
L'ingénieur des bâtiments d'Etat, M. Erlich, prit soin lors de la démolition de cette tour d'en recueillir une pierre en souvenir du passé. Cette pierre se voit encore encastrée à l'angle ouest de la caserne de Kom El-Dekka. Elle porte une inscription en Latin. C'est ainsi le seul vestige de la tour dite romaine, de l'ancienne Alexandrie.
Cette tour construite sur la grève, au fond du grand port, était ronde et édifiée avec des pierres de taille en provenance de bâtiments anciens, peut-être du Cesareum qui se trouvait dans ce quartier. Une porte basse donnait accès à cette tour et elle faisait pénétrer dans une petite cour ronde. Au sommet des murs courait un chemin de ronde accessible grâce à un petit et étroit escalier. Il se pourrait que cette tour remonte, ainsi que ses matériaux la laissaient deviner, à l'époque du sultan mamelouk Qaïtbaï qui fit fortifier toutes les côtes de la Méditerranée.
Une ancienne carte postale d'Alexandrie, représentant cette tour, l'appelle ''Vieille tour sarrasine''. Cette carte avait été éditée par l'Union postale universelle, section Egypte, vers 1900, quelques années avant la destruction de la tour.
Les premiers moulins à vent n'apparurent en Egypte qu'en 1798. Ils furent construits par les soldats de l'armée française de Bonaparte.
A Alexandrie, il existait une série de moulins à vent. A ma connaissance le seul qui existe de nos jours est celui de Mandara qui a été restauré récemment.